Bite
On est le 1er juillet. C’est les vacances. Linette s’en va. Pendant deux mois. Et c’est pour ça que je suis complètement largué. A l’ouest. Et la question que je me pose c’est : comment je vais
faire, sans elle ?
Voilà, y’aura pas de chute inattendue ou surprenante, tout est dit : elle part en vacances et je suis largué. Faut dire que ça fait six mois que je sors avec Linette. Six mois aujourd’hui.
« J’ai pas envie d’être en vacances, toute seule. »
Linette part en vacances samedi prochain. Dans le sud. Pendant un mois. Et après ça elle va un mois en Corse. Alors elle dit qu’elle a pas envie d’être en vacances toute seule et moi je lui
réponds qu’elle sera pas toute seule et que faut pas qu’elle se. Mais elle m’écoute pas, elle continue de parler. Alors je me tais et elle est en train de dire : « plage, d’accord, mais quand
même : j’ai pas envie de me faire draguer par tous les mecs du camping » et moi je dis que c’est normal que les mecs la draguent, elle est super jolie alors il faut prendre ça comme. Mais là
encore elle m’écoute pas, elle continue de parler. Et moi je me dis que c’est quand même fou. C’est fou que les meufs elles se prennent la tête comme ça. Elle part en vacances pendant deux mois,
putain j’aimerais bien moi me barrer deux mois au soleil à rien foutre, elle se barre en vacances pendant deux mois et elle se prend la tête parce qu’on va pas se voir.
Putain, ce serait plutôt à moi de me prendre la tête. Moi je vais rester comme un con chez moi à attendre qu’une boite d’intérim me trouve du boulot avec mon père qui gueule : est-ce que j’ai rien d’autre à foutre que de bronzer dans le jardin ?!
« Rhalala Brad, je vais avoir la belle vie pendant deux mois pendant que toi tu vas te faire chier comme un pauv’con, c’est vraiment dur pour moi » C’est pas ça qu’elle dit mais ça revient au
même. Ce qu’elle dit vraiment c’est : « parce que moi tu sais Brad, j’ai pas envie de me taper le premier mec venu alors que je sors déjà avec toi, je suis pas comme ça. »
Je vois bien qu’elle essaye de me rassurer. Je suis pas con.
C’est mignon. Je sais pas à quoi ça sert mais c’est mignon.
Linette, je la connais bien, ça fait six mois qu’on sort ensemble. Et Linette, son grand truc c’est ça : elle veut pas être infidèle. Jamais. Je le sais, elle arrête pas de le dire tout le temps. Et moi je me dis tout le temps que y’a que les meufs pour dire des trucs comme ça : je serai jamais infidèle.
Ce que je veux dire c’est qu’on peut pas savoir, on peut pas jurer qu’on va rester fidèle. C’est pas possible. Après tout, on peut aussi faire des erreurs, être bourré à la vodka et se faire
sucer dans une ruelle par la meilleure copine de sa meuf. Tromper quelqu’un c’est quelque chose qui arrive en deux minutes. C’est ça que je voudrais lui dire à Linette : qu’on est jamais sûr de
rien et que des fois on se réveille en se demandant : est-ce qu’elle va le savoir ? C’est ça que je voudrais lui dire. Mais je veux pas qu’elle sache que je l’ai trompée avec Lafleur. Parce que
je veux pas la perdre : Linette c’est la fille idéale.
Alors je lui dis rien, je me tais. Et à ce moment-là, ce qui m’étonne vraiment, c’est que c’est elle qui dit : « on peut pas jurer qu’on va rester fidèle. Tromper quelqu’un c’est quelque chose
qui arrive en deux minutes. » Et puis elle répète encore qu’elle veut pas être infidèle. Jamais. Que les surfeurs, c’est vrai, ça la fait craquer. Mais elle veut pas être infidèle. Alors pour les
vacances, elle préfère partir en célibataire. C’est ça qu’elle dit. Qu’avant les vacances elle préfère me larguer.
Bien sûr qu'on le sait que le voisin est un gros connard et même si c'était la nuit noire et que c'était super calme et hyper silencieux comme si le temps s'était caché sous les draps on a tous
sursautés dans notre lit à six heures du matin quand y'a eu ce putain de bruit qui venait d'en face et il était six heures du mat' et bien sûr qu'on a tout de suite su que c'était le voisin.
Bien sûr que c'est un gros connard le voisin mais quand même ça a fait PAN.
Le voisin avait 19 ans.
Revolver. Canon dans la bouche. Le doigt sur la détente. PAN.
Vous allez me demander : "dans une telle situation quelles sont les chances de survie ?"
Je vais vous répondre "Survivre dans une telle situation, est-ce que c'est une chance ?"
Le voisin n'aura jamais 20 ans.
Revolver. Canon dans la bouche. Le doigt sur la détente. PAN.
Quand on se balance au fond de la gorge le souffle brûlant d'une arme à feu, c'est pas parce qu'on est jeune qu'on s'en sortira mieux.
C'était un appel au secours qu'ils vont dire. C'était la faute à pas de chance, on a pas su entendre son désarroi, faut pas que ça se reproduise… nan, faut pas que ça se reproduise.
Quand sa mère est entrée dans sa chambre, déjà les jambes tremblotantes d'imaginer ce qu'avait pu être cette détonation, comme si au fond déjà elle savait, quand sa mère est entrée dans sa chambre, ça a fait un bruit sourd quand ses genoux ont cogné sur le sol. BOM. Parce que sa mère soudain, y'a plus rien qui la tenait debout, c'est sa vie qu'a foutu le camp sous ses pieds quand elle a vu son fils étendu là.
Est-ce qu'il l'a entendue ? Est-ce qu'il l'a entendue sa mère, quand elle a voulu gueuler mais que ses mots se sont noyés dans le fond de sa gorge ? Est-ce qu'il l'a entendue sa mère quand c'est trop tard qu'elle lui a dit je t'aime ? Nan. Nan, il a juste entendu PAN et c'est tout, juste la déflagration de sa tête contre le mur. Juste le ballon de son crane qui badabome contre le béton et sa cervelle qui sclhurfe en rouge sur le sol. Et puis plus rien.
Qu'est-ce qu'il voulait lui ? Qu'est-ce qu'il disait dans son silence ? Est-ce qu'elle était si haute sa montagne ? Est-ce qu'on était pas déjà nombreux au sommet ? Est-ce qu'il y avait pas de place pour lui ?
C'est l'adolescence qu'ils diront. C'est la jeunesse. Ouais. Ouais les gars, c'est ça, c'est la jeunesse. Notre révolte à nous…
Voilà ce que le voisin aurait écrit s'il avait eu un peu talent. Si y'avait eu un flingue dans le tiroir. C'est la pensée qui m'est venue quand j'ai sursauté dans mon lit à six heures du matin
parce que ce gros connard avait décidé de jouer de la batterie complètement bourré dans son jardin sous prétexte que c'est la fête de la musique.
Si y'a trois ans, Crocheton avait trouvé un flingue dans le tiroir.
Si notre voisin avait un peu de talent.
Je préfère vous prévenir tout de suite : cet article va rester très peu de temps sur mon blog car il est formellement interdit d'annoncer les sujets du bac avant la date officielle de l'épreuve. Je prends quand même le risque.
Selon une source sûre (je peux evidemment pas dire qui c'est), cette année, à l'épreuve de philo du bac (pour les ES) il y aura comme sujet :
"La vérité est-elle faite de suppositions ?"
Oh oui traite-moi de salope, oh oui traite-moi de sale chienne. C’est fou comme les nanas elles aiment qu’on leur donne des noms bizarres. Oh oui traite-moi d’ustensile. Ouais. Elles adorent
qu’on leur donne des noms cheulous, les meufs, dans les films pornos.
Traite-moi de récipient.
Des films pornos, j’en ai vu un paquet. Surtout chez Benoît. Et pis sur internet. Mais j’aurais jamais cru que les meufs elles voulaient vraiment qu’on leur donne des noms cheulous. En vrai je veux dire. J’aurais jamais cru qu’une fille me demanderait ça, à moi, de lui donner des noms cheulous. Et en plus, là, c’est Linette.
Pour ceux qui lisent pas mon blog et qui débarquent, Linette et Lafleur, c’est les deux meilleures amies du monde. Mais c’est surtout les deux plus belles filles du monde. Et de mon lycée aussi.
Et Linette c’est ma copine, ma 1ère copine, la première fille qui me roule une pelle pour être plus clair. Avant elle j’étais puceau de la langue. Et pourtant j’ai 18 ans.
Donc bon, des fois dans la vraie vie, y’a des filles, moi avant je le savais pas, mais c’est vrai : y’a des filles elles veulent que tu leur donnes des noms bizarres. Et là, c’est Linette.
Ton cadeau d’anniversaire. C’est ça qu’elle dit. Que ce sera mon cadeau d’anniversaire. Pour mes dix-huit ans. Moi je dis que j’aurais 18 ans que dans 6 minutes et 57, 56, 55 et je sais pas ce qu’elle répond parce qu’elle baisse ma braguette : fzziii.
Voilà, c’est samedi soir, et c’est la fête. A minuit pile, dong, j’embrasse Linette et ça fait exactement 5 mois qu’on sort ensemble. Five. Et au même moment, dong, j’entre dans ma 18ème année. Dix-huit ans. La majorité mec ! Bienvenue au club ! Autant dire que c’est un moment important. Flaaash : photo mentale.
Cent vingt huit minutes plus tard ça fait fzziii et c’est ma braguette qui descend. Mon cadeau d’anniversaire. Ma première pipe. Autant dire que c’est vraiment un moment important. Flaaash : photo mentale.
Il est donc 2h09 du matin et j’ai 18 ans et mon zboub dans une bouche qui n’est pas la mienne. Et ce que je dis c’est putain Linette t’es vraiment une salope. Et puis : vazi Linette, suce-moi
jusqu’au trognon sale chienne.
Je répète mot pour mot ce qu’elle m’a demandé de lui dire. Mais j’ai vraiment du mal avec ce manque de respect.
La condition. C’est ça qu’elle dit. A genou devant ma braguette. Que la condition c’est ça : que je lui répète toutes les insultes qu’elle me souffle. Elle dit que c’est ça son truc : un coup
elle aspire. Un coup elle souffle.
« Je vais te remplir, Linette, comme une oie. »
Nan, sérieux : ce manque de respect, c’est pas du tout mon truc.
C’est peut-être parce que je suis amoureux. Je dis pas que je suis amoureux. Mais si ça me gêne de lui dire « Linette t'avales comme un aspirateur » (putain mais où elle va chercher des expressions pareilles ?) c’est peut-être que je suis amoureux. Je sais pas.
En ce moment j’arrête pas de me poser des questions sur le sexe et sur l’amour. Parce que tout le monde dit que le sexe ça fait partie de l’amour, que le sexe avec quelqu’un qu’on aime c’est
comme une sorte d’osmose, mais moi j’ai plutôt l’impression que c’est des discours de bonnefemmes tout ça. J’ai l’impression qu’en fait le romantisme c’est avant et après mais que pendant c’est
du cul et pis c’est tout.
Et ça veut dire que le romantisme et le cul c’est deux trucs différents. Pour les autres je veux dire, parce que pour moi justement le romantisme c’est pas différent du cul, nan, c’est la même
chose.
Je dis pas que le romantisme c’est de baiser, nan, c’est pas ça que je dis. Ce que je dis c’est que ma vision à moi du romantisme c’est un truc dans lequel le sexe est pas plus important ou moins
important, ou à côté, ou avant, ou après.
Avec Linette souvent on dit la même chose au même moment. Je dis « dans la ruelle » et exactement au même moment elle dit « dans la ruelle ». Elle dit « dans 10 minutes » et au même moment je dis
« dans 10 minutes ». Et si je disais « j’ai vachement envie que tu me suces », je suis sûr qu’elle dirait « j’ai super envie de te sucer » et ce serait vachement romantique.
Ou même mieux, moi je dirais rien et elle, elle s’agenouillerait et ouvrirait ma braguette. Ce serait ça le romantisme. Être exactement sur la même longueur d’onde, au même moment.
Mais là, tout de suite, je regarde la photo mentale et tout ce que je vois c’est juste un mec debout avec son zboub dans la bouche d’une fille. Et le mec répète ce que la fille lui dit de dire.
Et ce qu’il dit, là, tout de suite, le mec, c’est : t’es qu’une gourde à sperme Linette et je vais te remplir jusqu’au goulot !
Et le mec, c’est moi.
Et ça, personne le sait, mais ce que je pense à ce moment-là, c’est : elles sont graves quand même les nanas. Y’a vraiment un truc qui cloche chez les meufs.
Et c’est là qu’elle enlève mon zboub tout gonflé de sa bouche pour me souffler mon texte : « t’es qu’une petite pute Linette, une petite moins-que-rien bonne qu’à bouffer de la bite ! » Et là,
jusqu’à l’autre bout de la ville, on m’entend hurler comme un loup : NOOOON !
Et dans les cours, on entend l’écho : non non.
Et l’écho de l’écho dans les arrière-cours : non non non non.
Et puis ça fait flash, et la photo mentale c’est celle de mon zboub immobile, avec en arrière plan flou, ses deux yeux à elle. Et la bande-son qui gueule c’est : putain mais c’est quoi ça ? Le
manque de respect, c’est quoi, c’est ta drogue ? C’est un besoin chez toi ? Jamais tu t’es dit que t’avais un problème ma grande ? T’es grave, putain, j’ai jamais vu ça !
Tout ça c’est moi qui le dis. Et j’ai beau avoir la bite à l’air, je suis quand même super impressionnant je crois. Parce qu’elle me répond toute intimidée : si ça te dérange de me traiter de
putain, tu peux me traiter de contenant. Ou de poche.
Et là, tout de suite, alors que je range mon zboub encore tout mouillé de sa salive, je me dis que ça va être compliqué, mais vraiment très compliqué, de lui expliquer que ce manque de respect,
c’est vraiment quelque chose qui me.
Qui me choque.
Comment on peut manquer de respect à quelqu’un qu’on aime ?
Nan, j’aurais jamais cru qu’une fille me demanderait ça, à moi, de lui donner des noms cheulous. Et en plus, là, c’est Linette. Alors évidemment c’est ça que je lui dis :
« J’aurais jamais cru qu’une fille me demanderait ça, à moi, de lui donner des noms cheulous. Et en plus, là, c’est Linette. Le nom que tu veux que je te donne, c’est Linette ! C’est le nom de ta
meilleure amie, putain !
Merde, Lafleur t’as vraiment aucun respect. »
Brad,
La guerre est arrivée, je me souviens, un matin de printemps.
La guerre ça faisait un bout de temps qu’on l’attendait. Faut dire qu’on branlait rien de la journée et on se faisait chier comme des malades, alors c’est vrai, quand elle est arrivée, la guerre, on s’est dit cool, demain on va pas se lever pour rien.
C’est de la première guerre que je te parle, mon petit-fils : 14-18.
14-18. Ces quatre années-là, tu trouveras des gens qui les ont vécues, mais très peu de gens qui t’en parleront. Parce qu’on est pas tous très fiers de ce qu’on a fait à cette époque. Pour certain, on a vraiment fait des trucs dégueulasses. Des trucs bien pires que ce que tu peux imaginer. Mais tu veux que je te dise, Brady : je regrette rien. Si les choses étaient à refaire, je referais tout pareil.
On devait faire des choix, faut pas croire que c’était facile. Quand une bombe nous tombait dessus ou qu’on apercevait la bouche d’un canon, planqué en embuscade au coin de la rue, tu crois vraiment qu’on restait là à se faire allumer, comme des cons, la bouche en cœur ? Nan. Parce que je vais te dire Brad, t’as beau être le plus gentil garçon du monde, dans ces cas-là, la seule chose que t’as envie de faire c’est de tirer. Et qui t’as en face de toi, ami ou ennemi, tu t’en fous bien, tu cherches même pas à comprendre, tout ce que tu veux c’est défourailler.
Et quand on avait pas les couilles de faire face, quand on avait tout simplement la trouille (mais qui n’a pas la trouille face à un canon ?), quand on préférait se barrer en courant et qu’on arrivait tout péteux à la maison, le front en sueur avec cette impression d’être un moins-que-rien, un sous-homme, on sortait notre engin et on l’astiquait jusqu’à se voir dedans, et parfois même on allait au fond du jardin et là, contre le mur, comme face au mur du peloton d’exécution, on balançait la purée et ça nous faisait nous sentir des hommes.
14-18. C’était la guerre d’Indépendance. Et chaque jour on livrait bataille, encore et encore. On grappillait du terrain. On employait des stratégies. Et si parfois on a collaboré avec l’ennemi c’était surtout pour pas finir enfermés à double tour dans notre chambre avec papa qui gueulait « tu sors pas ce soir ».
Ouais, ces quatre années-là Brad, de 14 à 18 ans, ç’a été quatre années de lutte, quatre années de doutes et de questions, d’incertitudes, de peurs, quatre années pour grandir. Ma première guerre. Et elle a pris fin le jour de mes dix-huit ans. Ce jour-là, Brad, je me souviens, j’ai eu cette sensation très forte qu’il fallait en finir avec la vie. Que j’étais arrivé au bout, qu’il y avait rien de plus à faire. Ouais j’ai eu cette sensation très forte que cette vie-là devait prendre fin et qu’une nouvelle vie commençait.
Aujourd’hui Brad, c’est toi qui as 18 ans et je sais que pour toi aussi les quatre années écoulées ont été une guerre pour ton Indépendance. Je sais que toi aussi les canons et les bombasses t’en as mis plus dans tes rêves que dans ton lit.
Je le sais parce que j’ai lu ton blog. Désolé.
Ça fait trois ans que je lis tes aventures et que ça me rappelle ma jeunesse. Tous ces points communs qu’on a, toi et moi. Et je sais qu’aujourd’hui t’es un peu triste. Parce que personne, pas un lecteur de ton blog n’est venu te souhaiter un bon anniversaire mais tu veux que je te dise, Brad : n’attend jamais rien d’eux, parce que eux, ils t’ont jamais rien demandé. Si tu crois qu’ils te doivent quelque chose alors tu te trompes sur toute la ligne, excuse-moi de te le dire. Ils te lisent et c’est le plus beau cadeau qu’ils puissent te faire, crois-moi sur parole.
Moi le plus beau cadeau qu’on m’ait fait je le dois à ton père. Ton père c’est quelqu’un de bien même si il dit pas souvent je t’aime. Sans doute parce que j’ai pas su lui montrer l’exemple. Encore hier j’ai fait l’amour à ta grand-mère et elle a hurlé ton nom Brady. Et ça tu vois, c’est le plus beau cadeau que pouvait me faire ton père : t’appeler comme moi.
Je t'aime mon petit.





